B) McDonald's, une société critiquée sur de nombreux points

Retour en arrière sur l’image de McDonald’s

     Comment  pourrait-on oublier le documentaire Super Size Me (voir vidéo) qui résume très bien une grande partie de ce qui est reproché à McDonald’s ? Ce documentaire n’est (malheureusement pour la société) pas le seul. Dans le même genre, on pourrait tout aussi bien citer le livre d’Eric Schlosser Fast Food Nation.

     Avant même les reproches concernant l’obésité, McDonald’s est d’abord critiqué en tant qu’emblème de l’américanisation et symbole d’un capitalisme près à tout pour l’argent. Cependant, il est aussi vrai que l’on  accuse principalement McDonald’s de vendre des repas bien trop gras, sucrés et salés, ne contenant que très peu de vitamines et par conséquent augmentant les risques sanitaires liés à l’obésité tels que des maladies du cœur, certains cancers, diabète et cholestérol principalement.

     De plus, les fast-foods poussent à la consommation de viande. McDonald’s est le plus gros acheteur de viande de bœuf et de porc dans le monde ainsi que le deuxième acheteur de poulets. Les hommes mangent en moyenne de plus en plus de viande ce qui pose des problèmes non seulement de santé mais aussi des interrogations sur les pratiques de l’élevage industriel. Les sociétés telles que McDonald’s favorisent l’élevage intensif, très polluant pour la planète. Ces formes d’agriculture contribuent à la ruine des petits exploitants, écrasés par ces industriels du secteur primaire.

 Une culture bouleversée par McDonald’s ?  

     McDonald’s, comme toutes chaînes commerciales, impose son code visuel, reconnaissable quelque soit son emplacement bien que récemment la société est adoptée de nouveaux aménagements en accord avec leurs nouvelles valeurs (tons plus sobres, plus naturels). Tout comme dans le secteur de l’agro-alimentaire, l’implantation de ces grandes chaînes de restauration visent à éliminer les plus faibles, c'est-à-dire les petits commerces. Cette méthode s’oppose aux habitudes des français, attachés notamment au produit du terroir. Les principes de la gastronomie française se détachent totalement de la logique des marchés de masse, c'est-à-dire standardisation des produits et moindre coût entre autres. Ceci va à l’encontre de nos habitudes, nos traditions. De plus, les restaurants, implantés principalement en bord d’autoroutes ou en dehors des villes ont tendance à déclencher l’apparition de banlieues commerciales qui nous rappellent fortement un paysage américain et provoque une forte pollution visuelle. Faudrait-il avoir peur de perdre notre identité ? De totalement nous américaniser ?

 Des salariés exploités

     Bien qu’il soit vrai que les restaurants McDonald’s soit de véritables créateurs d’emplois, ainsi qu’une bonne alternative pour un premier emploi chez les jeunes (aux Etats-Unis une personne sur huit aurait déjà travaillé chez McDonald’s), il faut aussi savoir que ceux-ci sont synonymes de précarité. Les salariés ont peu de perspectives de carrière, peu de formation et se voient souvent imposer le temps partiel. L’industrialisation de ce système de restauration à permis l’exploitation d’une main d’œuvre moins voir absolument pas qualifiée  et à donc permis de revoir les salaires à la baisse.

      Cependant, il est aussi important de nuancer ces propos. La société fait maintenant de nombreux efforts, des formations existent et il est possible de gravir les échelons pour pouvoir notamment devenir manager d’un restaurant. Mais, ces cas ne sont pas systématiques. La société, peu favorable au départ à l’organisation de syndicats a signé en 1988 la première convention collective pour la branche professionnelle de la restauration rapide. McDonald’s est un membre actif du syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide et a d’ailleurs signé plus de 41 accords. La société travaille étroitement avec les 5 principaux syndicats.

     Mais il faut avouer que malgré ces changement récent, de tout temps le principal but de McDonald’s a été de chercher à diminuer les coûts salariaux. L’invention du McDrive par les frères McDonald’s avait par exemple  permis la suppression de serveurs, et McDonald’s aurait en partie financé la campagne du président Nixon (37ème président des Etats-Unis, de 1969 à 1974) aux Etats-Unis car il projetait de mettre en vigueur une loi permettant de payer les jeunes de 16/17 ans 20% de moins que le salaire minimum.

     De plus, rien n’ait laissé au hasard, l’organisation du travail est ultra-rationalisée et un système informatique permet de surveiller la productivité de chaque caisse enregistreuse dans n’importe quels restaurants McDonald’s. Les uniformes des serveurs sont dépourvus de poches les obligeant à garder une attitude irréprochable. Ces méthode auraient tendance à nous rappeler celles d’un certains Taylor prônant la productivité du travail à la chaîne.

 Le procès McLibel

      En  1986, un petit groupe d’écologistes londonien distribue un pamphlet contre la société McDonald’s les accusant de vendre de la nourriture de mauvaise qualité, d’exploiter leurs employés, d’utiliser des techniques de marketing trop poussées et dirigées notamment vers les enfants ainsi que d’utiliser des méthodes cruelles envers les animaux, de gaspiller, polluer et de participer (apparemment) à la destruction des forêts d’Amérique du sud.

      McDonald’s riposte et porte plainte contre ce groupe en 1990. Selon la loi anglaise, les accusés doivent payer les dépenses juridiques jusqu’à la preuve véritable de leur culpabilité ou non-culpabilité. Trois des cinq membres du groupe se rétractent alors que deux autres décident de poursuivre et de se défendre contre McDonald’s.

      L’erreur de McDonald’s a été de déclarer que toutes les critiques faites dans le pamphlet étaient fausses. Si il est vrai que certaine comme la destruction des forêts semblent dérisoires, d’autres concernant notamment la mauvaise qualité de la nourriture et l’exploitation des employés s’avèrent  vraies.

      Le 19 juin 1997, McDonald’s remporte le procès mais cette polémique a pris une ampleur bien plus grande qu’au départ, du à la médiatisation du procès. L’image de McDonald’s s’en est trouvée dégradée.  Steel et Morris, les deux membres du groupe écologiste ont dénoncé une affaire mal jugée et ont saisi la Cour européenne des droits de l’Homme qui a déclaré que le procès au Royaume-Uni avait été injuste, non équitable et contraire à la liberté d’expression.

     Suite au procès, de plus en plus de groupes anti-McDonald’s ont fait leur apparition regroupant des militants écologistes, mais aussi des personnes luttant pour le respect du droit du travail et de la santé.

 


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